Soleil fuzz et dérives psyché en approche
Leur musique évoque des kilomètres avalés sans regarder derrière, des paysages flous à travers un pare-brise poussiéreux, et ce moment précis où le réel commence doucement à se déformer.
Bonne nouvelle : leur virée passe par le Very Rock Trip Festival de Vitré.
Originaire de Seattle — mais loin des clichés grunge qui collent encore à la ville — le groupe mené par Guy Keltner trace depuis une dizaine d’années une ligne bien à lui. Une ligne faite de psych-rock, de garage pop et de soul cabossée, où les mélodies accrochent immédiatement avant de se dissoudre dans une brume de fuzz.
Il y a chez eux ce mélange étrange : quelque chose de très travaillé, presque pop dans l’écriture, et en même temps une sensation constante de lâcher-prise. Comme si chaque morceau pouvait déraper à tout moment.
On pense parfois à Ty Segall pour l’urgence, à King Gizzard & The Lizard Wizard pour les spirales psychédéliques, ou encore à Thee Oh Sees pour ce goût du chaos maîtrisé. Mais Acid Tongue ne sonne jamais comme une copie. Ils bricolent, assemblent, salissent — et au final, ça leur appartient totalement.
Des disques comme Babies ou Arboretum posent les bases : des morceaux accrocheurs, presque immédiats, portés par une énergie DIY qui refuse toute sophistication inutile. Chez eux, le studio n’est qu’un point de départ. Tout est pensé pour vivre ailleurs.
Sur scène.
Et c’est là que tout bascule.
Acid Tongue en live, c’est une fête qui déborde. Une montée progressive, presque hypnotique, qui finit toujours par exploser en quelque chose de plus brut, de plus incontrôlé. Le groove s’installe, les guitares s’épaississent, et sans vraiment comprendre comment, on se retrouve embarqué.
Au Very Rock Trip 2025, leur passage en Bretagne promet une respiration différente — plus solaire, mais pas moins intense. Une parenthèse où le psychédélisme flirte avec la sueur, où la douceur apparente cache une vraie décharge électrique.
Un moment parfait pour se perdre un peu.
Et dans un festival comme celui-ci, se perdre est souvent la meilleure chose qui puisse arriver.