Very Rock Trip Festival

The Tazmen (FRA)

The Tazmen

Retour aux sources, amplis à fond


Il y a des groupes qui ne disparaissent jamais vraiment. Ils restent quelque part, entre deux riffs saturés, dans la mémoire des caves moites et des nuits trop courtes. Et puis un jour, ils reviennent. Plus bruts, plus nerveux, comme si le temps n’avait été qu’un simple détour.

Formés en 1993, The Tazmen font partie de cette catégorie rare. Une longévité qui ne tient pas du hasard, mais d’une fidélité presque obsessionnelle à un son : celui d’un psychobilly old-school, mélodique et furieusement énergique. Pas de compromis, pas de nostalgie tiède — juste une décharge électrique venue d’un autre temps, mais bien ancrée dans le présent.

Depuis Montpellier, leur terrain d’origine, ils continuent de faire vibrer une scène qui n’a jamais complètement cessé de croire en eux. Leur retour sur le devant de la scène locale n’a rien d’un comeback opportuniste : c’est une évidence. Une réactivation. Comme si la machine n’avait jamais cessé de tourner.

Ce qui frappe chez The Tazmen, c’est cette tension constante entre mélodie et vitesse. Les structures sont accrocheuses, presque évidentes, mais toujours portées par des rythmiques solides, incisives, qui ne laissent aucun répit. Un son “over-vitaminé”, comme le décrit si bien le festival — et difficile de trouver meilleure formule. Ça cogne, ça file droit, et ça embarque tout sur son passage.

Au Very Rock Trip Festival 2025 à Vitré en Bretagne, leur présence sonne comme un rappel essentiel : celui d’une époque où le rock alternatif sentait la sueur, la bière renversée et l’urgence. Mais loin d’être figés dans une esthétique vintage, The Tazmen incarnent une continuité. Ils ne rejouent pas le passé, ils le prolongent.

On imagine déjà les contrebasses claquer, les guitares crisser, et le public — initié ou curieux — se laisser happer par cette énergie brute. Car au fond, c’est bien de ça qu’il s’agit : une expérience physique, presque viscérale. Un moment où la musique reprend sa fonction première — faire vibrer.

Leur passage au festival ne sera pas juste un concert de plus. Ce sera un point de contact entre générations, une collision entre héritage et instant présent.

Et dans ce genre de collision, il y a souvent des étincelles.

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